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Pipe en terre

La pipe la plus répandue en Europe depuis l'arrivée du tabac jusqu'à la fin du XIXe siècle, fabriquée par moulage dans une argile à pipe blanche, et la tradition artisanale qui s'est développée autour d'elle.

Etiketler:

kil, gouda, pipo tarihi, hazne malzemesi

Güncelleme Tarihi:

13 juillet 2026

La pipe en terre est un type de pipe fabriqué par moulage dans une argile à pipe blanche, dont le fourneau et le tuyau ne forment qu'une seule pièce. De l'arrivée du tabac en Europe, à la fin du XVIe siècle, jusqu'à la généralisation de la cigarette bon marché à la fin du XIXe siècle, elle est restée pratiquement la pipe universelle du continent. Cette « pipe du peuple » bon marché, fumée aussi bien à la taverne qu'au coin du feu, resta sans rivale parmi les matériaux de fourneau pendant environ trois siècles.

Fabrication et caractéristiques de fumage

Dans la fabrication traditionnelle, l'argile à pipe blanche, importée d'Angleterre ou des régions de Cologne, Liège et Rouen, était roulée à la main en mèches, le conduit de fumée percé à l'aide d'un fin fil de fer, le corps pressé dans un moule métallique huilé, et le fourneau façonné avec un poinçon conique. Rasées puis poinçonnées, les pipes étaient cuites à des températures pouvant atteindre 1050 °C. Les marques que les artisans apposaient sur le talon, ainsi que les reliefs de fourneau courants entre 1725 et 1825, faisaient office de signature du produit.

La plus grande vertu de l'argile pour le fumage est sa neutralité : ce matériau n'apporte aucun goût au tabac et ne retient pas l'arôme fantôme ; c'est pourquoi les mélangeurs de tabac utilisent encore aujourd'hui la pipe en terre pour leurs essais de dégustation. Le fourneau est aussi, dans les faits, résistant au perçage par brûlure (burnout) ; les pipes encrassées pouvaient être nettoyées en étant recuites au four, et les tavernes assuraient même l'hygiène des pipes d'usage commun en les passant au four sur des grilles de fer. En contrepartie, le corps chauffe énormément (c'est pourquoi la pipe en terre se tient par le tuyau et non par le fourneau), le fumage est sec et chaud, et la pipe elle-même est extrêmement fragile. C'est pour cette raison que l'on retrouve des millions de fragments de pipes en terre brisées dans les terrains de remblai et les lits de rivière des villes européennes.

L'âge de la pipe en terre : de Londres à Gouda

L'artisanat naquit en Angleterre, vers les années 1580, probablement à Londres ; la guilde des fabricants de pipes londoniens fut fondée en 1619. En Angleterre, les pipes en terre se vendaient par lots à la douzaine, et de nombreuses tavernes en offraient une à qui achetait du tabac. La forme à long tuyau qui refroidit la fumée donna naissance à toute une tradition à part entière, sous le nom de churchwarden.

L'artisanat fut transporté sur le continent européen, au début du XVIIe siècle, par des Anglais installés à Gouda, aux Pays-Bas : selon le récit, les mercenaires anglais arrivés en 1606, suivis dans les années suivantes par l'artisan anglais William Baernelts, qui s'installa en ville et y fonda le premier atelier de fabrication de pipes, sont les principaux noms associés à ce transfert. Dès 1640, Gouda avait dépassé l'Angleterre en matière de production ; la guilde des maîtres pipiers, fondée au milieu du XVIIe siècle, atteignit rapidement 180 membres, et la première foire aux pipes de Gouda fut organisée en 1666. L'apogée se situe au XVIIIe siècle : en 1749, on comptait dans la ville 349 ateliers de pipes, et environ la moitié de la population tirait sa subsistance de cette activité.

Une voie différente dans l'Empire ottoman : le lülé

Au cours des mêmes siècles, le monde ottoman donna à la pipe en terre une forme tout autre. Au lieu de la pipe européenne, blanche, monobloc et à tuyau, on produisait un fourneau sans tuyau en argile rouge, appelé lülé, qui s'emboîtait sur une longue tige en bois appelée tchibouk (chibouk). Le centre de cette production à Istanbul était le quartier de Tophane, qui a donné son nom à la tradition de la lülécilik (sculpture de fourneaux) de Tophane. On considère que ces deux traditions représentent deux cultures matérielles distinctes issues de la même plante.

Déclin et situation actuelle

  1. À la fin du XIXe siècle, la cigarette bon marché et les pipes en racine de bruyère (briar) éliminèrent rapidement la pipe en terre. De grandes manufactures de Gouda comme Goedewaagen et Zenith tinrent jusqu'à la fin du XXe siècle ; Zenith développa dans les années 1920 le fourneau à double paroi et le type « doorroker » (pipe mystérieuse), dont l'image sous l'émail apparaissait au fur et à mesure du fumage. Aujourd'hui, la fabrication de pipes en terre à Gouda est perpétuée par un petit nombre d'artisans ; l'artisanat fut inscrit en 2013 à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel des Pays-Bas. Les fragments de pipes brisées constituent par ailleurs, pour les archéologues, un outil de datation précis : le diamètre du trou du tuyau, la typologie des formes et les marques d'artisans sont utilisés pour dater les couches archéologiques des XVIIe-XIXe siècles.

Künye

Malzeme:

Beyaz pişen pipo kili (kaolin)

Pişirme Sıcaklığı:

En çok yaklaşık 1050 °C

Altın Çağı:

17.-18. yüzyıl

İçim Karakteri:

Tamamen nötr; sıcak ve kuru

Merkezler:

Londra (İngiltere), Gouda (Hollanda), Tophane (Osmanlı)

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Kaynaklar

  1. Dutch Pipe Smoker — Dutch Clay Pipes

  2. Amsterdam Pipe Museum — guide des pipes en terre néerlandaises et de la datation des vestiges

  3. Wikipedia — articles Tobacco pipe et White pipe clay

  4. Immaterieel Erfgoed Nederland — Goudse kleipijpmaken

  5. Smokingpipes.com — The History, Manufacture and Use of Clay Pipes

  6. Goudapipes.nl — les pipes en terre de Gouda

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